Mis en œuvre pour la première fois en 1986 en France, le béton de chanvre, composé de fibres de chanvre et de chaux, répond parfaitement aux nouveaux enjeux de la construction durable et de la RE2020. Mais pour accélérer sa démocratisation, certains tests réglementaires doivent au préalable être réalisés et validés. C’est désormais le cas pour la « non-propagation du feu par les façades pour une durée de 60 minutes ». Explications.

Ce mardi 19 janvier, Christophe Tessier, directeur du Centre d’essais au feu (CEF) du Cerib, et Philippe Munoz, chargé de mission pour l’association Construire en Chanvre, présentaient les résultats de l’essai au feu de parois en béton de chanvre dans le cadre d’un local expérimental pour incendie réel (Lepir) de niveau 2. 

L’essai a été réalisé le 16 octobre dernier, sur un local expérimental à ossature et menuiseries bois de 6,55 mètres de haut (2 étages) avec un plancher en CLT de 160 mm. Le béton de chanvre a quant à lui été projeté sur 30 cm d’épaisseur, et un enduit chaux/sable a été appliqué en finition.

Pour déclencher ce test au feu, un foyer primaire constitué de deux bûchers de 600 kg de bois a été allumé, et la maquette a été exposée au feu pendant 1 heure. Les observateurs ont observé des panaches de feu importants à la verticale pendant les 30 premières minutes.

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Evolution de l’essai au feu d’un local expérimental en béton de chanvre. Crédit : Cerib

Des températures en-dessous des seuils limites réglementaires

Les thermocouples répartis sur et dans la façade ont quant à eux relevé des températures allant jusqu’à 1 050 C° dans les panaches de flammes, et jusqu’à 1 100 C° dans la chambre intérieure au bout de 36 minutes. Malgré ces températures élevées, le béton de chanvre et l’enduit ont prouvé leur résistance, puisqu’aucun bois d’ossature n’a dépassé 100 C°.

Autre point à vérifier : que le feu ne se propage pas à la jonction entre la façade et le plancher. Là aussi, c’est une réussite. Christophe Tessier précise que l’essai a bien prouvé l’intégrité de l’étanchéité au feu à la jonction façade/plancher, la température atteignant seulement 44 C°, loin de la valeur limite fixée à 180 C°.

Si cet essai portait sur un local en R+1, l’objectif est à terme de pouvoir construire « des immeubles d’habitation jusqu’à 28 mètres de haut, et des ERP de troisième catégorie », précise Philippe Munoz. « Ces essais étaient absolument nécessaires pour travailler sur une extension du domaine d’application des règles professionnelles », ajoute-t-il.

Grâce à ce test validé, l’appréciation de laboratoire n°026090 sera bientôt publiée sur le site internet de l’association Construire en Chanvre.

https://www.batiweb.com/actualites/legislation/beton-de-chanvre-des-essais-au-feu-concluants-2021-01-21-37306