Pour sa 11ème année consécutive, le baromètre annuel des énergies renouvelables électriques publie son bilan 2020. Mené par l’organisme Observ’ER, il estime que, malgré la crise sanitaire, le rythme de déploiement des nouvelles installations n’a pas faibli, néanmoins jugé trop insuffisant face aux objectifs nationaux fixés à l’horizon 2028. Les détails.

Produit par Observ’ER, en collaboration avec la FNCCR (la Fédération des collectivités concédantes et régies) et l’Ademe, le baromètre 2020 indique que la crise sanitaire liée au covid-19 et le confinement du printemps ont fortement ralenti le développement des énergies renouvelables. « Le rythme n’est pas suffisant pour atteindre les objectifs, et c’est un retard difficile à rattraper », souligne Frédéric Tuillé, responsable des études chez Observ’ER.

L’an passé (octobre 2019-septembre 2020), le baromètre indiquait que la production renouvelable était en phase avec les objectifs fixés par les pouvoirs publics, avec plus de 27% de la consommation électrique.

Des résultats satisfaisants mais insuffisants 

Selon Observ’ER, la production électrique d’origine renouvelable de quatre régions métropolitaines (Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, Grand Est et Provence-Alpes Côte d’Azur) a couvert, en 2020, l’équivalent de plus de 35% de leur consommation électrique.

A fin septembre, la puissance renouvelable électrique atteignait 56,5 GW. Un chiffre que l’on doit principalement à l’éolien terrestre et au photovoltaïque (89%). Or, l’observatoire estime déjà un véritable décrochage pour la filière photovoltaïque (18 GW anticipés au lieu d’une fourchette de 35-44 GW). De même pour la filière éolienne qui, au rythme actuel, devrait également décrocher, avec une projection à 31 GW au lieu de 33-34 prévus. 

Afin de rattraper son retard, le secteur doit multiplier par 3 sa dynamique afin de raccorder 3 GW par an. En 2021, le parc français devrait alors atteindre 57,7 GW fin 2020, soit 2,8 GW de plus qu’en 2020. 

Pour la filière du solaire, le rapport indique que les objectifs fixés par le gouvernement à l’horizon 2028 devraient être atteints, peut-être même dépassés. Dans ce parc, les energies hydrauliques restent majoritaires. 

L’enjeu des collectivités régionales

Le rapport pose la question sur les moyens dont disposent les collectivités pour atteindre leur schéma d’aménagement du territoire et précise que l’Ademe a d’ores et déjà annoncé le déploiement de conseillers territoriaux. Le président d’Observ’ER, Vincent Jacques Le Seigneur regrette que « les pouvoirs publics soufflent en permanence le chaud et le froid, au niveau de l’Etat comme des collectivités », sur l’éolien et précise que « s’il n’y a plus de concertation », les craintes vont s’étendre au photovoltaïque.

Quant à la FNCCR, son président Pascal Sokoloff, indique « on accompagne nos adhérents au niveau national, notamment autour du développement de l’open data pour faciliter la diffusion et l’utilisation des données en promouvant des dispositifs et des cadres sécurisés. On met également en place des groupes de travail afin de réaliser des études spécifiques à des usages plus particuliers des données. » 

https://www.batiweb.com/actualites/vie-des-societes/bilan-2020-les-energies-renouvelables-prennent-du-retard-2021-01-15-37263