L’année 2020, les acteurs de l’énergie s’en souviendront longtemps. Et la crise sanitaire n’y est quasiment pour rien. Sauf pour EDF et Total.

À cause de la pandémie, l’énergéticien a dû stopper des centrales nucléaires pour économiser du combustible et ses équipes, redéfinir le planning de maintenance jusqu’à 2022 et réviser plusieurs fois ses prévisions de production d’électricité nucléaire. Elle devrait s’établir entre 325 et 335 TWh, contre 379,5 TWh en 2019. Pour EDF, 2020 aura aussi été marquée par la fermeture définitive de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) fin juin, et par l’inauguration de la centrale hydroélectrique de Romanche-Gavet (Isère) en octobre.Sur le même thème: Fessenheim, une fermeture de centrale nucléaire (presque) exemplaire

Pour Total aussi, la pandémie a coûté cher. Elle a amplifié les effets d’une crise mondiale de surproduction pétrolière, obligeant son PDG, Patrick Pouyanné, à présenter un plan d’économies de 11 milliards de dollars. Confronté à une troisième crise, climatique celle-ci, Total a également entamé cette année un virage majeur vers la neutralité carbone et l’électricité. Le groupe veut devenir en dix ans une major multi-énergies. Il a aussi annoncé l’arrêt de la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) et sa conversion en plate-forme de chimie verte.Sur le même thème: Le projet One Tech de Total expliqué par Patrick Pouyanné

Le troisième géant de l’énergie, Engie, a lui décidé un recentrage sur les infrastructures et les renouvelables ainsi que la scission de ses activités de service non stratégiques. Près de la moitié des 170 000 collaborateurs du groupe est concernée.Sur le même thème: Tri drastique d’Engie dans ses services

Du côté des renouvelables, la pandémie n’a fait que ralentir la mise en service des projets, sans les remettre en cause. La dynamique du secteur est amplifiée par la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie, publiée en avril. Elle pénalise néanmoins le secteur de la méthanisation, qui doit réduire ses coûts à marche forcée. Enfin, 2020 restera comme l’an 1 de l’ère hydrogène, avec un plan de 7 milliards d’euros et l’annonce des premiers investissements industriels.

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