La crise COVID-19 n’entame pas le moral des décideurs RH

Quel est l’état d’esprit des recruteurs un an après le début de la crise du Covid-19 ? Contre toute attente, il est plutôt bon, d’après une étude menée par Figaro Recruteur en partenariat avec l’IFOP. Si les décideurs RH sont inquiets vis-à-vis du contexte économique, ils restent optimistes concernant leur propre entreprise, mais aussi les recrutements à venir. Tour d’horizon des enseignements phares de cette étude.

Les décideurs RH inquiets mais confiants

La crise du Covid-19 plombe le marché de l’emploi. Durant le premier trimestre de l’année, le maintien des restrictions a par exemple pesé sur les destructions d’emploi.

Malgré la situation, les décideurs RH gardent le moral. 85 % des DRH restent optimistes concernant la situation de leur entreprise, d’après l’étude menée en février dernier par Figaro Recruteur en partenariat avec l’IFOP auprès de 405 dirigeants.

À l’inverse, 54 % se disent pessimistes quant à la situation économique française. La part des décideurs RH qui déclarent une détérioration de la situation de l’entreprise reste plus élevée que ceux ayant noté une amélioration : sur le front du recrutement par exemple, 22 % considèrent que la situation s’est détériorée tandis que 17 % estiment qu’elle s’est améliorée. « Toutes les entreprises ne sont pas logées à la même enseigne. Celles qui se montrent les plus optimistes sont les plus grandes, de plus de 250 salariés », décrypte Flora Baumlin, directrice des études à l’IFOP.

Pas de coupe dans les effectifs

C’est une bonne nouvelle : la confiance sur l’évolution des effectifs reste stable. Malgré la crise sanitaire qui s’éternise, 76 % des décideurs RH ont l’intention de rester à effectif constant dans les prochains mois. Selon l’étude, 19 % envisagent même de le faire grandir. « Dans les services, un quart des répondants se disent prêts à augmenter leurs effectifs, soit 5 points de plus que la moyenne nationale », souligne Flora Baumlin.

En 2021, les jeunes de moins de 25 ans, qui sont les plus impactés par la baisse brutale d’activité des entreprises, feront l’objet d’une attention particulière de la part des recruteurs. Selon l’étude, deux tiers des répondants envisagent de les recruter cette année. Les entreprises de plus de 100 salariés sont celles qui leur proposeront le plus d’opportunités : 89 % de leurs dirigeants RH ont l’intention de les recruter.

Peu de difficultés devraient stopper les entreprises dans cet élan : 65 % des sondés se montrent confiants sur leur capacité à attirer les candidats.

Le télétravail, loin d’être une nouvelle norme

Cela n’a échappé à personne : la crise du Covid-19 a propulsé le télétravail sur le devant de la scène. Ce mode de travail à distance deviendra-t-il une nouvelle norme ? Rien n’est moins sûr. « Certes, la pratique a gagné du terrain pendant la crise sanitaire, mais elle n’est pas devenue la norme pour autant. Seuls 44 % des décideurs RH ont fait évoluer leur politique de télétravail, hors périodes de confinements obligatoires, au cours des 12 derniers mois », note Flora Baumlin.

Par ailleurs, ce mode de travail n’est pas pratiqué par l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise. Pour 80 % du panel, la proportion de salariés qui sont en télétravail la plupart du temps est seulement de 25 %. Pour 46 % des sondés, les collaborateurs travaillent à distance qu’un jour par semaine.

Des résultats qui cachent toutefois des disparités : dans les entreprises franciliennes, le télétravail est plus répandu : 19 % des sondés disent avoir plus de 75 % de leurs salariés à distance.

Sauvegarder les emplois : LA priorité de 2021

La DRH, qui a été le pilier de l’organisation du travail pendant toute la crise sanitaire, s’est donnée un challenge en 2021 : sauvegarder l’emploi. Citée par 20 % du panel, cette priorité est suivie par le fait d’améliorer le bien-être au travail des collaborateurs (16 %), de maintenir la culture d’entreprise et l’engagement des collaborateurs (16 %), et de garantir la sécurité sanitaire des collaborateurs sur site (16 %).

« Les préoccupations des décideurs RH sont centrées sur le collaborateur, orientées vers l’interne et immédiates. Les priorités qui s’inscrivent dans le long terme comme développer de nouvelles formes de recrutement (cité par 2 % des sondés) ou approfondir la politique RSE de l’entreprise (4 %) semblent secondaires », explique Flora Baumlin.

À noter que la sauvegarde de l’emploi est davantage citée par les petites entreprises (6 points de plus que la moyenne nationale). Le secteur du BTP est celui qui cherche le plus à relever ce challenge (43 % des réponses).

https://recruteur.lefigaro.fr/article/etude-ifop-figaro-recruteur-quel-moral-ont-les-decideurs-rh/