maison latécoère bois et bardage Lorillard

Le bâtiment pousse un cri d’alarme devant la flambée des prix des matières premières

zoom sur le bois

« Aucune matière n’est épargnée, acier, cuivre, minerai de fer, zinc, bois… La livraison de bois devient extrêmement difficile. Le cuivre a augmenté de 28% en un an, le zinc de 22% ». La sénatrice de la Savoie, Martine Berthet, a tiré la sonnette d’alarme, en mars dernier, lors des questions d’actualité au Sénat.

Les entreprises sont donc contraintes d’accepter des conditions tarifaires durcies, sous peine d’arrêter leur production et de ne pas honorer les commandes de leurs clients.

En cause, les ralentissements ou arrêts de production de ces derniers mois, liés à la pandémie.  La pénurie de matière génère des ruptures d’approvisionnement et des retards de livraison, ainsi qu’une hausse des prix, accrue par un dérèglement inédit du fret. « L’effet rebond de la reprise de l’activité a provoqué une rupture sur les containers », explique Guillaume Grosjean (Grosjean Solutions Bois), les prix ont quasiment décuplé.

La demande de containeurs en provenance d’Asie bondissant, les navires s’accumulent dans les ports occidentaux, les délais de déchargement se sont allongés et les prix du fret se sont envolés, passant de 1800 dollars à 8000 dollars.

Dans le détail, les grands groupes internationaux ont créé voici 2 ou 3 ans des départements dédiés à la construction bois, dans le sillage de l’éco-conception, ce qui a capté une importante partie des volumes. Autre facteur clé, le redémarrage très fort de la demande aux Etats-Unis, avec la relance d’une politique de grands travaux, de la construction, encore accentuée par la nouvelle mandature Biden. Là encore, de très gros volumes de bois ont été aspirés, en provenance d’Europe. A la clé, automatiquement, une hausse des prix et une baisse des volumes.

« A cela vient s’ajouter, toujours dans le bois, un boom sur le marché du panneau : la demande des particuliers, va bon train pour les aménagements de terrasses, en ville, ou tout simplement, le mobilier, les cuisines, relancés par les confinements. La demande est repartie en France et les industriels n’ont pas encore réussi à reconstituer leurs stocks », souligne Guillaume Grosjean.   Des besoins accrus qui ont accéléré la tension sur les matières premières.

A quand le retour à la normale ? D’ici la fin 2021, plus sûrement courant 2022, estime la filière . Le temps que la chaîne se fluidifie, que les délais de livraisons en B to B jusqu’au client final s’assouplissent.